L'Usine à Paroles

Un grand lecteur lit au moins 20 livres par an. Un tiers des Français ne lit aucun livre, tandis que lire un livre par semaine ne concerne que 3% de la population (Daily Nord, mars 2009). Restons donc dans les "happy few" de Stendhal, et découvre ici, ami Lecteur, mes compte-rendu.

Le "O"

Je lis donc je suis ?

La tête sous l'eau, Olivier Adam. Robert Laffont, 08/2018. 218 p. 16,60 € ***

Antoine, 15 ans, a dû suivre ses parents en Bretagne. Il surfe sur les vagues pour oublier la disparition de sa sœur, Léa, qui a eu lieu quelques mois plus tôt. Pour oublier aussi la dissolution de sa famille. En effet, la mère est partie avec un autre homme, le père surnage en remplissant la rubrique des chiens écrasés du quotidien local. L’enquête piétine depuis des mois, quand Léa est soudainement retrouvée. Blessée, brisée, mutique. La famille tente alors de se recomposer pour l’aider à se reconstruire…

L'auteur reprend des thèmes qui lui sont chers : la disparition, et les liens frère-sœur. On ne peut que penser à Je vais bien, ne t'en fais pas. A quelques différences près : Léa est bien vivante, même si elle est profondément affectée par sa séquestration. L'histoire est entièrement racontée par Antoine, qui souffre de son asthme, lequel manque de lui coûter la vie. Ce qui ressort en filigrane de ce récit, c'est la façon dont les membres d'une famille s'opposent, avant de pouvoir se ressouder pour faire face à l'adversité et à la cruauté des hommes. Un roman qui s'adresse aux grands adolescents.

Mention particulière aux documentalistes : "Je passe devant l'infirmerie et continue jusqu'au CDI. La documentaliste me laisse m'assoir sans poser de question. C'est une grosse femme triste et sans âge, qu'on imagine sans vie, avec sa vieille maman, ses livres et ses chats, sans doute à tort. Le seul truc qui la gêne, c'est le bruit. Tant qu'on ferme sa gueule et qu'on reste bien sagement à sa table à lire ou devant l'ordinateur elle ne moufte pas. Pas le genre à faire la police des emplois du temps, à vérifier qui sèche les cours ou pas." (p.153). [...] "Puis elle se lève et m'entraîne jusqu'à l'infirmerie. Elle me soutient, je sens son odeur de sueur acide et de déodorant bon marché […]." (p.156).


Posté le 09/01/2019 à 12:44