L'Usine à Paroles

Un grand lecteur lit au moins 20 livres par an. Un tiers des Français ne lit aucun livre, tandis que lire un livre par semaine ne concerne que 3% de la population (Daily Nord, mars 2009). Restons donc dans les "happy few" de Stendhal, et découvre ici, ami Lecteur, mes compte-rendu.

Le "O"

Je lis donc je suis ?

Le sang versé, Asa Larsson / trad. du suédois. Le livre de Poche, 09/2015. 491 p. 7,60 €

         Deuxième tome des aventures de la procureure Rebecka Martinsson. Dans les environs de Kiruna, dans les régions de l'extrême nord de la Suède, une pasteure est assassinée, son corps retrouvé pendu par une chaîne à l'orgue de l'église. Rebecka, qui se remet tout juste de ses précédentes mésaventures au cours desquels elle a tué deux hommes, se rend sur place pour son cabinet d'avocats. C'est sa ville natale : elle y retrouve des souvenirs, et un peu de paix. Elle se lie avec certains des habitants du coin, et se retrouve malgré elle mêlée à l'enquête sur la mort de la pasteure, Mildred Nilsson, qui par son féminisme s'était attiré l'inimitié de certains parmi ses ouailles...

         Ambiance grand Nord, en été, les nuits qui n'en sont pas, les moustiques, et surtout la nature et les animaux, auxquels l'auteur voue une affection évidente. Il y a les quatre chiens de Lisa, qui la contraignent à laisser son lit pour dormir sur le canapé ; le chat de Sven-Erik qui a disparu, déclenchant chez son maître un chagrin irrépressible ; la louve solitaire que la fondation créée par Mildred protège du fusil des habitants. Hommes et bêtes composent avec la nature, qui ne fait jamais oublier, même au cœur de l'été, sa nature septentrionale ; Rebecka retrouve dans cette région ses souvenirs d'enfance et un lieu où se retrouver : à son arrivée, elle va passer la nuit dans la forêt, allongée entre les troncs, comme s'il lui fallait ce sas pour pouvoir retourner vivre auprès des hommes.

         Elle ne mène nulle enquête, ce sont les policiers qui s'en chargent. Cependant elle contribue malgré elle à découvre le meurtrier, au péril de sa vie. On peut se demander quel plaisir trouve Asa Larsson à malmener ainsi son héroïne, dont on se demande, à la fin du livre, comment elle s'en remettra. La suite au prochain épisode…


Posté le 04/04/2018 à 14:18