L'Usine à Paroles
Le "O"

Billets d'humeur

Chroniques ou billets d'humeur, que j'écris au gré de l'actualité, de mes envies, de mes surprises, de mes enthousiasmes ou de mes indignations.

Du titre de ce site

Usine. J'aurais pu lui préférer le mot "manufacture", qui recouvre bien l'idée d'artisanat du travail de l'écriture. Mais la Manufacture c'est une salle de spectacles alsacienne, et "La Manufacture à paroles" c'est un peu long. Fabrique à la rigueur, mais le terme a suscité encore plus de vocations, du bricolage au théâtre, et jusqu'à la maison d'édition.

En revanche, aucun éditeur n'a, à ma connaissance, pris le pari de s'appeler l'usine. Le mot a sans doute trop de connotations industrielles.


Au collège, un certain nombre de mes camarades avaient des parents qui travaillaient à l'usine. Je n'avais aucune idée de ce que cela signifiait ; tout juste savais-je que le rythme de travail était difficile, puisqu'un certain nombre d'entre eux faisaient les 3 huit, et que la répétition des tâches les fatiguait. L'usine est restée un concept flou pendant longtemps, jusqu'à ce qu'en terminale, j'aille visiter une usine de rétroviseurs avec ma classe, visite organisée par notre prof de philo aux sympathies communistes, qui nous avait ensuite reproché d'avoir, dans nos compte-rendu, pris parti pour les employés dont l'entreprise était menacée de fermeture. Exit ma vision d'un univers bruyant, sale, sombre, mal aéré, plein de poussière accumulée, un monde à la Zola que cette visite d'un atelier presque aseptisé, où œuvraient des silhouettes en bottes et combinaison, coiffées de casques, avait fait voler en éclats.


Pourtant, ces deux syllabes, ce seul mot, ont continué d'exercer une sorte de fascination sur moi, devenant symbole d'un travail en train de se faire, sorte de "work in progress", si bien que je l'ai très vite utilisé à des fins personnelles.


En effet, je m'étais mise à écrire, des poèmes ou de très courts récits et, depuis mes 15 ans, un journal. Je découvrais ainsi l'aspect laborieux de l'écriture des uns, le rythme de la rédaction de l'autre. Il semblait tout logique d'y associer le terme d'usine, auquel j'ai conservé la majuscule. Mais quel lien avec l'écriture, me direz-vous ? J'ai dû lier, sans le savoir, ce concept fantasmatique de mon adolescence et ma propension à bavarder qui m'avait parfois valu le surnom de "moulin à paroles".


L'Usine à paroles est donc née ainsi. Aujourd'hui, elle regroupe tout mon travail, lisible ou illisible, partageable ou jalousement planqué dans mon disque dur. Pour l'essentiel, elle est composée d'un journal que je tiens depuis 2005 sur ordinateur, qui forme sans doute plus d'un millier de pages évidemment non partageable et ne présentant de réel intérêt que pour son auteur.


A part l'écriture diariste, il m'arrive d'écrire des nouvelles. Rarement, c'est vrai. Et j'ai bien des projets, pour l'heure loin d'être aboutis.


Ce site présente l'opportunité de faire lire quelques-uns de mes textes, et aussi de me forcer à travailler, grâce notamment aux chroniques et billets d'humeur dont j'espère l'enrichir, afin de sortir autant que faire je le pourrai de la rédaction confidentielle et personnelle de mon journal.

Posté le 13/11/2016 à 19:01

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